24 June 2020 Six façons dont la nature peut nous protéger du changement climatique

Ce mois-ci, le Programme des Nations unies pour l'environnement (PNUE) lance une toute nouvelle animation pour expliquer le concept de plus en plus populaire d'adaptation fondée sur les écosystèmes (EbA).

Ce mois-ci, le Programme des Nations unies pour l'environnement (PNUE) lance une toute nouvelle animation pour expliquer le concept de plus en plus populaire d'adaptation fondée sur les écosystèmes (EbA).

Restaurer et protéger la nature est l'une des meilleures stratégies pour lutter contre le changement climatique, pour la raison évidente qu'elle est capable d'absorber le carbone de l'air, mais pas seulement. Les forêts, les zones humides et les autres écosystèmes servent de tampons contre les conditions climatiques extrêmes, protégeant ainsi les logements, les cultures, les réserves d'eau et les infrastructures vitales.

La stratégie consistant à utiliser la nature comme moyen de défense contre les effets du climat est appelée "adaptation fondée sur les écosystèmes" (EbA en anglais) - c'est-à-dire, prenez soin de la nature et elle prendra soin de vous.

Voici six façons dont la nature peut nous défendre contre les effets du changement climatique :

1. La sécheresse

Pour sécuriser l'approvisionnement en eau, les sociétés ont traditionnellement utilisé des "infrastructures grises" telles que les pipelines, les barrages et les réservoirs artificiels. Cependant, les "infrastructures vertes" reposent sur des systèmes naturels ou semi-naturels pour fournir des avantages similaires qui ont des conséquences positives sur l'environnement positives à long terme.

Par exemple, les zones humides naturelles telles que les ruisseaux et les lacs font office d'éponges, attirant l'eau dans le sol et rechargeant les réserves d'eau souterraines. Lorsqu'ils sont en bonne santé, ces écosystèmes captent l'eau lors de pluies intenses et la stockent pour les périodes de sécheresse. De même, les forêts saines rechargent les réserves d'eau souterraine en absorbant l'eau par leurs racines et, ce faisant, filtrent l'eau potable pour des millions de personnes dans le monde, dont plus de 68 000 communautés aux États-Unis (en anglais).

L'État du Rajasthan, en Inde, a subi une sécheresse dévastatrice en 1986. Dans les années qui ont suivi, les communautés locales ont commencé à régénérer les forêts (en anglais) de la région, ce qui a entraîné une hausse de plusieurs mètres du niveau des eaux souterraines. En Gambie, l'un des plus grands projets de développement de l'histoire du pays est actuellement centré sur la restauration des écosystèmes afin d'augmenter les réserves d'eau.

2. Les incendies

D'abord survenus en Amazonie, en Californie, puis en Australie : les incendies ont été catastrophiques en 2019. Nos efforts de prévention pour réduire la propagation des incendies impliquent souvent la destruction de forêts pour créer un coupe-feu (ou "fuel break"), une bande de terre dépourvue de flore.

Mais il existe une nouvelle stratégie "coupe-feu" qui implique davantage de nature, plutôt que moins. Cette découverte (article en anglais) a été faite après un grave incendie de forêt en Espagne survenu en 2012, où les cyprès méditerranéens ont résisté au feu. Les cyprès conservent une grande quantité d'eau dans leurs feuilles, même sous une chaleur étouffante, et les feuilles tombées forment un environnement humide à la base du tronc. Des plans sont actuellement en cours pour planter ces arbres en tant que "coupe-feu naturel" dans toute la région méditerranéenne.

3. Les vagues de chaleur

Les températures dans les villes sont nettement plus élevées que dans les campagnes environnantes. Cet "effet d'îlot thermique urbain" a de nombreuses causes, notamment la propension du béton et de l'asphalte à absorber la chaleur. Par une ironie absurde, nos systèmes de climatisation produisent des quantités étonnantes d'émissions de carbone, qui contribuent à réchauffer l'atmosphère. Nos logement restent frais, mais pas la planète. 

Le couvert végétal urbain est une solution bénéfique pour nos villes. Les arbres refroidissent l'air ambiant en libérant de l'eau par leurs feuilles, tout comme les êtres humains se rafraîchissent en transpirant. Imaginez la puissance de refroidissement de dix appareils de climatisation, c'est ce que fournit un seul arbre sain par une journée ensoleillée, rien que par évaporation. Et cela n'inclut pas l'ombre fournie par les arbres, qui, selon une étude réalisée aux États-Unis, peut réduire les coûts de climatisation des maisons individuelles de 20 à 30 %.

Les grandes villes se tournent maintenant vers la nature pour se rafraîchir. Melbourne, en Australie, est en passe de planter plus de 3 000 arbres chaque année pour lutter contre les vagues de chaleur, visant ainsi à doubler presque sa couverture arborée urbaine d'ici 2040.

4. Les inondations côtières

D'ici 2050, l'élévation du niveau de la mer pourrait avoir des conséquences pour 300 millions de personnes des communautés côtières qui pourraient être confrontées à de graves inondations au moins une fois par an. Certains écosystèmes côtiers peuvent servir de digues rentables pour lutter contre les deux principales menaces de la montée des eaux : les inondations côtières et la désintégration du littoral.

Les mangroves et les récifs coralliens, par exemple, contribuent à briser les vagues avant qu'elles ne touchent le rivage, ce qui réduit à la fois la force et la hauteur de la houle et, par là même, la probabilité que la mer ne se brise sur les terres des populations. Une étude portant sur 52 sites a révélé que les habitats naturels étaient 2 à 5 fois plus rentables que les structures artificielles lorsqu'il s'agissait d'abaisser la hauteur des vagues.

Dans la ville de Kisakasaka, dans l'est de la Tanzanie, l'eau de mer s'est infiltrée dans les fermes des habitants et a tué les cultures. Les villageois ont riposté et reboisé des centaines d'hectares de mangroves. En deux ans, l'empoisonnement au sel de leurs récoltes a été stoppé et les puits sont revenus à la normale.

5. Les glissements de terrain et érosion

Les conditions météorologiques irrégulières associées au changement climatique exacerbent déjà les glissements de terrain dans de nombreuses régions du monde. Sur l'avant-poste canadien de l'île Banks, les glissements de terrain ont augmenté de 6 000 % au cours des dernières décennies, principalement en raison du dégel du pergélisol provoqué par une succession d'étés chauds.

Tous les glissements de terrain sont causés par des sols meubles. Il existe deux moyens de les prévenir : augmenter la "capacité de liaison" du sol et réduire l'érosion du sol due au ruissellement des eaux de surface. La végétation fait les deux en absorbant l'eau et en ancrant le sol en place. C'est pourquoi le gouvernement des Comores plante 1,4 million d'arbres pour protéger les exploitations agricoles des populations des zones montagneuses.

6. La désertification et les tempêtes de sable

La désertification est une menace permanente dans les endroits où le climat est de plus en plus sec, et où le surpâturage et la perte de biodiversité sévissent. Lorsque nous abattons des forêts, le désert s'étend encore plus car les arbres retiennent l'humidité dans le sol. Depuis 1920, la taille du désert du Sahara s'est agrandi de 10 %, réduisant ainsi les points d'eau et les terres arables.

C'est ce qui a motivé la création de la Grande Muraille verte en Afrique. Afin de stopper la propagation du Sahara et les tempêtes de sable qui en découlent, 21 pays africains travaillent ensemble pour faire pousser une "merveille naturelle" de 8 000 km d'arbres et d'arbustes sur toute la largeur de l'Afrique. Cette initiative pourrait permettre de créer 10 millions d'emplois verts d'ici 2030, selon la Convention des Nations unies sur la lutte contre la désertification.

Au Soudan, la désertification a donné lieu à des violences dans certaines régions, car des groupes se battent pour des ressources qui s'amenuisent. En 2017, le gouvernement a lancé un projet visant à aider les communautés à s'adapter au climat sec en plantant des "brise-vent", des alignements d'arbres ou d'arbustes qui protègent une zone - en particulier les cultures - contre les conditions climatiques extrêmes. Le projet renforce la résilience climatique dans l'espoir d'instaurer la paix, en faisant des brise-vent non seulement une solution naturelle au changement climatique, mais aussi une solution naturelle aux conflits.

Pour en savoir plus sur le travail du PNUE en matière d'adaptation fondée sur les écosystèmes, cliquez ici.

Pour plus d'informations, veuillez contacter [email protected]@un.org

 

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